Pour célébrer la Fête des Pères, aujourd'hui, un poème qui m'est cher, vous allez comprendre pourquoi.

Le poète, c'était mon père, la fillette c'était moi, et le petit lapin... Ah! le petit lapin...

 

lapin-blanc

"C’était un petit lapin blanc

Arrivé un beau jour chez nous,

Sans savoir pourquoi ni comment.

Tous ses frères et sœurs étaient roux.

 

Ma fillette en fit son ami.

Elle allait le voir dans sa cage.

Et lui glissait des pissenlits

A travers les trous du grillage.

 

Mais, le lapin avait grossi

Il devenait moins attirant,

Les amours semblaient affadies.

Elle le choyait moins souvent.

 

Alors son tour est arrivé.

Et ainsi puisque c’est son rôle,

Je l’ai sacrifié sans pitié

Pour le passer à la casserole.

 

Mais quand j’ai vu la pauvre bête,

Sa robe blanche rougie de sang

J’ai pressenti que ma fillette

En éprouverait du tourment.

 

Ce furent des cris et des larmes

Face à mon geste imprévoyant.

Ainsi j’avais brisé le charme

De ce qu’est un amour d’enfant.

 

Depuis les années ont passé

Apportant leurs joies et leurs peines…

Si certaines sont effacées,

Du lapin, je revis la scène.

 

Voilà donc narrée sobrement

La triste histoire du lapin blanc

Donc encore je me repens

Quand on m’en parle habilement…" MF

 

Chez nous, quand on élevait des lapins, on mangeait des lapins.

Je revois avec précision le grand sac où quelqu'un se débattait.

Je me souviens du mensonge à ma question: "C'est pas mon lapin au moins?..."

Le temps a passé. Entre nous, c'était un dossier...

Le poème est venu, bien des années après.

Le lapin n'étant toujours pas digéré, je n'ai pas donné le pardon.

Je le regrette.

 

Mon père aurait 95 ans.

Et je réalise que c'est pour partie de lui que me vient la compassion,

et l'écriture aussi...

Mais comment le lui dire?

Il n'était pas d'un abord facile...

Tout de même essayons...

 

 

doigts

 

Ecoute, papa, où que tu sois,

Bonne Fête et merci.

 

=^..^=artine